Archives de octobre, 2014

Dossier du mois : la rentrée

Mardi, octobre 28, 2014 @ 02:10
Auteur: JFBoucher

À La rentrée, préservez votre Forme et celle de votre enfant

Les vacances terminées, le rythme de vie change brusquement : les adultes retournent au travail et retrouvent les soucis et contraintes de la vie quotidienne tandis que les enfants reprennent le chemin de l’école. Finies les journées en plein air et en plein soleil : on se confine à nouveau, la nuit arrive plus vite et le climat devient plus frais. Morosité, fatigue, stress et goutte au nez font rapidement leur apparition. Près de 3 Français sur 4 disent que les bénéfices des vacances sur la forme physique s’estompent en moins d’un mois1 ! De bonnes habitudes d’hygiène de vie, une alimentation riche en nutriments essentiels et le soutien de produits naturels peuvent toutefois prolonger les bienfaits de l’été et aider à franchir le cap en douceur.

Manger, bouger, c’est toute l’année la base du maintien de la forme… A la rentrée, conservez une activité physique modérée régulière, dormez suffisamment et veillez à une alimentation variée, équilibrée et riches en nutriments essentiels. En premier lieu : hydratez-vous ! Pour éliminer les toxines accumulées pendant la saison chaude et garder la pêche, veillez à boire au minimum 1,5L d’eau par jour. Un défi cit d’hydratation même léger et même d’une seule journée peut rendre somnolent, diminuer les performances physiques et les capacités intellectuelles (attention, capacité de décision, mémoire) et augmenter la vulnérabilité émotionnelle2 3 4.

Le saviez-vous ?
Face aux premiers signes de fatigue de la rentrée, les Français profitent encore un peu du soleil (29%), font attention à équilibrer leur alimentation (26%), et se couchent tôt (20%)5.

Vitamine C : la reine du tonus et de la lutte contre les pollutions

La vitamine C est aujourd’hui largement reconnue pour ses vertus toniques et détoxifiantes. Essentielle à la vitalité de l’adulte comme de l’enfant, elle agit à plusieurs niveaux pour nous aider à affronter la rentrée : elle soutient notre système de défense contre les oxydants (pollution, tabagisme), elle lutte contre les infections et renforce l’immunité, elle aide à l’adaptation au froid et possède un effet antifatigue démontré. C’est dire si le plein dans cette vitamine est essentiel à l’automne ! Les apports conseillés sont de 90 à 100mg par jour pour l’enfant de 7 à 12 ans et de 100g pour l’adulte6 . Une vaste analyse d’études à propos de l’effet de la supplémentation en vitamine C sur les rhumes publiée en 2013 a conclu que la prise régulière de vitamine C réduisait l’intensité et la durée des rhumes chez les enfants et les adultes7.

Une santé de fer avec les oligo-éléments

Un apport adéquat en certains sels minéraux et oligo-éléments est particulièrement important en cas de baisse de forme pour retrouver la vitalité et une bonne résistance aux agressions, qu’il s’agisse de stress ou d’attaques microbiennes. Le magnésium contribue notamment à réduire la fatigue et améliorer les performances physiques, mais aussi la mémoire et la concentration8 9. Le déficit en fer, fréquent chez les femmes en France, engendre une plus grande sensibilité aux infections et une fatigue physique et intellectuelle10 11. Une étude japonaise vient de montrer qu’un taux faible chez des femmes en âge de procréer (même sans anémie) pouvait engendrer fatigue et tension nerveuse12. Tablez sur les aliments d’origine animale comme les viandes, les poissons, les oeufs, le foie et le boudin noir, principales sources alimentaires de fer. Enfin, le zinc protège nos cellules des effets néfastes des radicaux libres et joue un rôle majeur dans le fonctionnement optimal du système immunitaire. Pris en supplémentation orale, il réduirait la fréquence des épisodes de rhume chez les enfants. Il améliorerait même certaines performances cognitives (expression verbale, organisation perceptive, attention, mémoire…) à l’école primaire, même en cas de déficience minime en zinc13 14 15.

Le saviez-vous ?
Le soleil stimule la production de sérotonine, un neurotransmetteur qui nous aide à rester de bonne humeur. La baisse d’ensoleillement provoque chez beaucoup d’entre nous une sorte de déprime qui se traduit par de la lassitude. Ce phénomène est amplifié par le passage à l’heure d’hiver15.

au quotidien, les essentiels pour éviter la fatigue de l’enfant :

• Une semaine avant la rentrée, habituez votre enfant à se coucher et se lever un peu plus tôt.
• Veillez à ce qu’il ait son compte de sommeil (8 à 11 heures).
• Faites-lui prendre un petit déjeuner consistant, à base de de glucides lents (pain, céréales complètes…).
• Proposez-lui suffisamment de légumes et fruits frais pour lui garantir un bon apport en vitamines. Avec les viandes rouges, le foie, le poisson, faites-lui faire le plein de zinc et de fer, des minéraux qui aident à protéger des infections.
• Limitez le confinement, même s’il commence à faire frais : une activité physique à l’extérieur l’aide à éliminer sa fatigue nerveuse et à bien dormir.
• Evitez la multiplication d’activités extrascolaires : votre enfant a aussi besoin de repos.

Le saviez-vous ?
C’est autour des vacances de la Toussaint que les enfants sont le plus fatigués17. Il est donc particulièrement important de prendre soin d’eux et de les aider à rester en forme durant les deux premiers mois de la rentrée.

probiotiques : une meilleure défense contre les maux de l’automne

L’intestin abrite une population de centaines de milliers de milliards de bactéries de centaines d’espèces différentes vivant en harmonie avec notre organisme : la flore intestinale. Celle-ci joue un rôle important dans la fermentation
digestive des nutriments, la synthèse de certaines vitamines, la régulation du métabolisme énergétique, la protection contre les infections et la modulation du système immunitaire. Un surcroît de stress peut rompre l’équilibre de cet écosystème et enwgendrer petite forme, fatigue et moindre résistance aux infections. Apportées en soutien à la fl ore par voie orale sous forme de complément alimentaire, certaines souches de bactéries probiotiques (bifi dobactéries, lactobacilles) peuvent rééquilibrer la flore et nous faire retrouver force et vitalité. Notamment chez les enfants, les probiotiques aident les défenses naturelles à lutter contre les infections saisonnières (rhumes, gastro-entérites) en diminuant la sévérité et la durée des épisodes, et chez les adultes, associés à des vitamines et minéraux, ils contribuent à réduire la fatigue et les effets du stress18 19 20 21 22 23.

Les probiotiques, une aide pour limiter l’absentéisme scolaire ?
Une récente étude américaine a montré que des collégiens consommant des probiotiques ont manqué moins de jours de classe et avaient une meilleure qualité de vie en consommant des probiotiques que ceux qui n’en consommaient pas (2 jours de moins par épisode, 34% de sévérité du rhume en moyenne)24 !

Rhodiola rosea, la plante anti-fatigue venue du froid

Les plantes peuvent également nous aider à affronter la rentrée avec plus de pep’s. Ainsi, la Rhodiola Rosea, ou racine d’orpin rouge, est traditionnellement utilisée dans les états de fatigue et de stress25. Abondante en haute altitude dans les régions montagneuses et arctiques d’Europe du nord et d’Asie, elle a la réputation séculaire d’améliorer l’humeur, le tonus et la performance au travail. Les Vikings l’utilisaient déjà pour augmenter leur force physique et leur endurance ! Les vertus « adaptogènes » (qui renforcent la résistance aux stress biologiques, physiques et chimiques) et ergogéniques (qui améliorent les performances physiques et mentales) des composés de la plante ont été observées par les scientifi ques de Russie et de Scandinavie depuis 40 ans, au même titre que le ginseng et l’éleuthérocoque, aux propriétés voisines. Des études récentes sur l’homme ont montré l’efficacité de l’extrait de Rhodiola Rosea dans les dépressions légères à modérées et dans les états de fatigue mentale dus au stress, mais aussi son action positive sur les performances physiques des sportifs26 27 28 29 30.

Références scientifiques
1.Enquête IFOP 2013 : Les Français et leur santé à la rentrée. 2.Adan A. :Cognitive performance and hydration. J Am Coll Nutr 2012;1(2):71-8. 3.Ely BR, Sollanek KJ, Cheuvront SN, Lieberman HR, Kenefi ck RW.: Hypohydration and acute thermal stress affect mood state but not cognition or dynamic postural balance. Eur J Appl Physiol. 2013 Apr;113(4):1027-34; 4.Pross N, Demazièrs A, Girard N, Barnouin R, Santoro F, Chevillotte E, Klein A, Le Bellego L. Infl uence of progressive fl uid restriction on mood and physiological markers of dehydration in women. Br J Nutr. 2013 Jan; 102(2):313-21. 5.Enquête IFOP 2013 : Les Français et leur santé à la rentrée. 6.Nathan P. : Le point sur la vitamine C .Nutrition & Pédiatrie. Vol. 2, numéro 4, Mars 2009. 7.Hemila H, Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev 2013. 8.Slutsky I, Abumaria N, Wu LJ, Huang C, Zhang L, Li B, Zhao X, Govindarajan A, Zhao MG, Zhuo M, Tonegawa S, Liu G. Enhancement of learning and memory by elevating brain magnesium. Neuron 2010;65(2):165- 77. 9.European Regulation. No 432/2012 of 16 May 2012 establishing a list of permitted health claims made on foods, other than those referring to the reduction of disease risk and to children’s development and health Text with EEA relevance. 10.Site de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (www.anses.fr), « Le fer ». MAJ 2013. 11.Etude INCA-2 2007 : L’état de santé de la population en France – Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique – Rapport 2011. 12.Jun Sawada T, Konomi A, Yokoi K. Iron defi ciency without anemia is associated with anger and fatigue in young Japanese women. Biol Trace Elem Res. 2014. 13.National Institute of Health (NIH) : Dietary Supplement Fact Sheet : Zinc, 2013. 14.Das RR, Singh M.: Oral zinc for the common cold. JAMA. 2014 Apr 9;311(14).15.De Moura JE, de Moura EN, Alves CX, Vale SH, Dantas MM, Silva Ade A, Almeida Md, Leite LD, Brandão-Neto Oral zinc supplementation may improve cognitive function in schoolchildren J.Biol Trace Elem Res. 2013 Oct;155(1):23-8. 16.Scimeca D : Plus jamais fatigué, Ed. Alpen 2004. 17. Site du ministère de l’éducation nationale : http://nouveaux-rythmes.education.gouv.fr/. 18.Tremaroli V, Backhed F (2012) Functional interactions between the gut microbiota and host metabolism. Nature 489:242–9. 19.de Vrese M, Winkler P, Rautenberg P, Harder T, Noah C, Laue C, Ott S, Hampe J, Schreiber S, Heller K, Schrezenmeir J (2005): Effect of Lactobacillus gasseri PA 16/8, Bifi dobacterium longum SP 07/3, Bifi dobacterium bifi dum MF 20/5 on common cold episodes: a double blind, randomized, controlled trial. Clin Nutr 24 (4), 481–491. 20.Vouloumanou EK, Makris GC, Karageorgopoulos DE, Falagas ME. Probiotics for the prevention of respiratory tract infections: a systematic review. Int J Antimicrob Agents 2009 Jan 27. 21.Szajewska H, Mrukowicz JZ. Probiotics in the treatment and prevention of acute infectious diarrhea in infants and children: a systematic review of published randomized, double-blind, placebo-controlled trials.J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2001 Oct;33 Suppl 2:S17-25. 22.Grünewald J, Graubaum HJ, Harde A.Effect of a probiotic multivitamin compound on stress and exhaustion. Adv Ther. 2002 May-Jun;19(3):141-50. 23.Nicholson JK, Holmes E, Wilson ID. Gut microorganisms, mammalian metabolism and personalized health care. Nat Rev Microbiol 2005 ; 3 : 431-8. 24.Smith TJ, Rigassio-Radler D, Denmark R, et al. (2012) Effect of Lactobacillus rhamnosus LGG® and Bifi dobacterium animalis ssp.lactis BB-12® on health-related quality of life in college students affected by upper respiratory infections. Br J Nutr 109, 1999–2007

 

Les eczémas

Mardi, octobre 28, 2014 @ 12:10
Auteur: JFBoucher

 

Les eczémas

interview dr. Michèle Payeur

Dermatologue -Allergologue
DIU de Dermatologie Esthétique
CaritasKlinikum Saarbrücken
Aesthetic & Care Center Luxembourg

Les eczémas sont des maladies inflammatoires de la peau. Ils peuvent être d’origine génétique, comme les eczémas atopiques, ou être provoqués par un contact, comme les eczémas toxiques ou allergiques. La fréquence des eczémas atopiques, les plus fréquents, a triplée au cours des 25 dernières années. Ces dermatoses, pourtant non contagieux, connaissent une envolée spectaculaire qui inquiète beaucoup les spécialistes. Quelles sont les nouvelles perspectives dans le traitement des eczémas ? Nous avons interrogé le Dr Michèle Payeur, dermatologue-allergologue, spécialiste en dermatologie esthétique.

 

  • Qu’est-ce qu’un eczéma?
    Dr. Payeur : C’est d’abord une infl ammation de la peau qui est rouge, qui démange, parfois suinte. Cette infl ammation peut être étendue ou localisée, aigüe évoluant sur quelques jours, quelques semaines, ou chronique se développant sur des années voire toute une vie.
  • Quelles sont les principales formes d’eczéma ?
    Dr. Payeur : Parmi les formes chroniques, les deux principales sont l’eczéma atopique et la dermite séborrhéique. Toutes deux dépendent du patrimoine génétique du patient atteint. L’eczéma atopique apparaît généralement dans les premiers mois de vie. Il se présente sous la forme de plaques rouges, plus ou moins suintantes, siégeant essentiellement sur les joues et le front du nourrisson, puis gagnant les plis de flexion (coudes, genoux). Dans les cas les plus graves, l’eczéma atopique peut s’étendre sur tout le corps du bébé, ce qui inquiète beaucoup les mamans. Chez l’adulte, il touche les plis, le visage, le cou, les mains, voire la surface totale de la peau. Certaines formes sévères altèrent sérieusement la qualité de vie du patient. La dermite séborrhéique ou l’eczéma séborrhéique est une maladie dite « borderline », c’est-à-dire une maladie entre le psoriasis et l’eczéma. Chez l’adulte, l’eczéma séborrhéique se manifeste par des squames grasses au niveau du cuir chevelu, autour du nez ou derrière les oreilles. Les sourcils, les épaules, le haut du dos mais aussi les plis sous les seins sont fréquemment touchés. Chez l’enfant, la dermite séborrhéique se manifeste par des plaques jaunâtres du cuir chevelu communément appelées croûtes de lait. Parmi les formes aiguës, on distingue les eczémas toxiques dus au contact avec un produit irritant (acide ou base) et les eczémas allergiques limités aux zones du contact de la peau avec une matière allergisante (par exemple, avec du nickel présent dans des boutons de jeans, des bijoux fantaisie ou des pièces de monnaie). Les symptômes peuvent varier selon la nature de la matière en cause, allant des simples rougeurs et démangeaisons jusqu’aux éruptions suintantes étendues.
  • Naît-on eczémateux ?
    Dr. Payeur : Nous ne naissons pas tous égaux. L’eczéma atopique est, en partie, une maladie génétiquement programmée. Il existe des familles dans lesquelles il y a des cas d’eczéma de génération en génération. L’eczéma atopique se développe souvent chez les enfants dont les parents souffrent de rhume des foins, d’asthme, de maladies du système digestif ou de rhumatismes chroniques. Pour être eczémateux, il faut avoir une génétique favorable mais également un environnement propice à l’apparition de la maladie. Parmi les causes possibles de l’eczéma atopique, le corps médical soupçonne l’allaitement artificiel, la prise d’antibiotiques, la nourriture industrielle de plus en plus « complexe », la pollution environnementale et, fait étonnant, l’hygiène excessive durant la petite enfance.
  • L’excès d’hygiène favorise-il l’apparition de l’eczéma ?
    Dr. Payeur : En effet, l’environnement infectieux est important pour le bon développement du système immunitaire du nouveau-né. Les infections en bas âge sont nécessaires « à l’éducation » des défenses naturelles de l’organisme. L’eczéma frappe plus souvent les enfants moins exposés aux maladies infectieuses et aux défauts d’hygiène. Quelques années après la chute du mur de Berlin, une étude clinique arrive à un résultat des plus surprenants. Des chercheurs allemands constatent que les enfants élevés à l’Est sont nettement moins allergiques que ceux nés à l’Ouest. Pourtant, à l’Est, les enfants fréquentent régulièrement la crèche dès le plus jeune âge. Les scientifiques en concluent que pour éviter de devenir allergique, rien de tel que de vivre en collectivité le plus tôt possible et d’attraper une certaine quantité d’infections pour stimuler son immunité. Une autre étude soutient cette hypothèse hygiéniste. Selon les chercheurs suédois, les enfants dont les parents lèchent la tétine avant de la redonner aux bébés ont un risque nettement moins élevé d’eczéma que ceux dont les parents rincent la tétine à l’eau du robinet.
  • Le partage de la tétine entre parents et enfants, en exposant ces derniers aux bactéries buccales, confère un effet protecteur contre l’eczéma. Qu’en est-il de la flore intestinale ?
    Dr. Payeur : Plusieurs observations cliniques montrent que les personnes ayant une barrière intestinale fragile sont plus sensibles aux maladies allergiques. Y-a-t-il un lien entre la santé intestinale et l’apparition de l’eczéma ? Bon nombre de médecins se sont sérieusement penchés sur cette question. Ils ont donc essayé de soigner l’eczéma en traitant les intestins des patients. Certains d’entre eux sont arrivés à des résultats assez étonnants. En effet, une flore intestinale saine renforce la barrière intestinale. Une flore intestinale déséquilibrée par la présence de bactéries pathogènes ou de candidose, au contraire, compromet la perméabilité du tube digestif. Lorsque la barrière intestinale n’est plus étanche, les molécules de taille importante (résidus alimentaires, toxines bactériennes, déchets métaboliques) passent plus aisément dans le sang. Le passage de ces substances étrangères réactive les défenses immunitaires, qui s’attaquent alors à certains éléments inoffensifs du corps.
  • Certaines publications montrent que la flore intestinale des enfants nés par césarienne n’est pas identique à celle des enfants nés par voie basse (1). Au moment de l’accouchement, ces enfants ne bénéficient pas d’une contamination de leur intestin par la flore vaginale et fécale maternelle, riche en bactéries bénéfiques. Est-il donc probable qu’ils puissent développer plus facilement une maladie allergique ?
    Dr. Payeur : Le lien entre césarienne et eczéma atopique est difficile à évaluer, car il n’y a pas assez d’études cliniques statistiquement significatives. Quant à la naissance prématurée, il semble qu’il existe un risque accru d’eczéma atopique. Celui-ci est dû à l’immaturité du système immunitaire digestif du nouveau-né.
  • L’absence de contact avec des microbes et le retard de la diversification alimentaire, rendent-ils les enfants en bas âge plus vulnérables à l’eczéma atopique ?
    Dr. Payeur : Un bébé « sous une cloche de verre », c’est-à-dire un bébé surprotégé, qui n’est pas suffisamment exposé aux bactéries dès la naissance, développe plus facilement des allergies. Les enfants des milieux ruraux, en contact avec une plus grande variété de microbes, souffrent moins d’eczéma atopique que les bébés des grandes agglomérations industrielles. En privant son chérubin d’exposition aux bactéries dès le plus jeune âge, on retarde la maturation de son système immunitaire.
  • La modification de la flore durant la grossesse, l’allaitement et la petite enfance représente-t-elle un espoir dans le traitement de l’eczéma atopique ?
    Dr. Payeur : Certaines bactéries bénéfiques, notamment les lactobacilles, ont montré un effet positif sur dans le traitement de l’eczéma atopique. Cependant, les mécanismes exacts de l’exposition précoce à ces probiotiques ne sont pas élucidés. Faute d’études cliniques de grande envergure, il est encore trop tôt pour avoir des conclusions définitives. De manière pragmatique, la prise de certaines bactéries bénéfiques, qui font partie de la fl ore intestinale saine, n’est pas contre-indiquée. Les recherches en cours fondent beaucoup d’espoir sur leur potentiel thérapeutique.
  • Tous les probiotiques ne se valent pas. Il est désormais établi que chaque souche bactérienne a une action ciblée. Au cours d’une étude clinique 132 femmes enceintes ayant des antécédents familiaux d’eczéma atopique ont pris soit un placebo, soit une souche spécifique : Lactobacillus rhamnosus HN001. Leurs enfants, eux aussi, ont été supplémentés durant les 6 premiers mois de leur vie. À l’âge de 2 ans, l’incidence d’eczéma atopique était 2 fois moins élevée chez les enfants ayant reçu Lactobacilles rhamnosus HN001, que chez ceux du groupe placebo (2). Des souches Lactobacillus F19, Bifidobacterium bifidum, Bifidobacterium lactis ou encore Lactococcus lactis ont également montré une efficacité pour réduire la sévérité et l’extension de l’eczéma chez les enfants à risque (3, 4). Qu’en pensez-vous ?
    Dr. Payeur : La méthodologie de ces études est discutée, ce qui fait que, pour le moment, la prise de ces probiotiques n’est pas officiellement recommandée. En attendant d’en savoir plus, on peut tout de même donner un coup de pouce à la flore intestinale, en misant sur plusieurs cures de « bonnes bactéries » pendant l’année. Une consommation ponctuelle ou irrégulière n’a pas d’intérêt.
  • L’usage des probiotiques est-il risqué ?
    Dr. Payeur : De façon générale, la prise de probiotiques est considérée comme très sécuritaire.
  • Quelles sont les autres solutions qui aident à prévenir et à soigner l’eczéma atopique ?
    Dr. Payeur : Parmi d’autres facteurs qui peuvent aider à prévenir et à soigner l’eczéma atopique, viennent en tout premier lieu la prise d’acides gras oméga-3 par la mère durant la grossesse (5) ou un enfant eczémateux (6), et, en deuxième lieu, l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de vie du bébé (7).

Références : 1. Dominguez-Bello MG, Costello EK, Contreras M, Magris M, Hidalgo G, Fierer N, Knight R. Delivery mode shapes the acquisition and structure of the initial microbiota across multiple body habitats in newborns. Proc Natl Acad Sci U S A. 2010 Jun 29;107(26):11971-5. Epub 2010 Jun 21.2. Wickens K, Black P, Stanley TV, Mitchell E, Barthow C, Fitzharris P, Purdie G, Crane J. A protective effect of Lactobacillus rhamnosus HN001 against eczema in the fi rst 2 years of life persists to age 4 years. Clin Exp Allergy. 2012 Jul; 42(7):1071-9. 3. West CE, Hammarström ML, Hernell O. Probiotics during weaning reduce the incidence of eczema. Pediatr Allergy Immunol. 2009 Aug;20(5):430-7.4. Niers L, Martín R, Rijkers G, Sengers F, Timmerman H, van Uden N, Smidt H, Kimpen J, Hoekstra M. The effects of selected probiotic strains on the development of eczema (the PandA study). Allergy. 2009 Sep;64(9):1349-58.5. D J Palmer, T Sullivan, M S Gold et al. Effect of n-3 long chain polyunsaturated fatty acid supplementation in pregnancy on infants’ allergies in fi rst year of life: randomised controlled trial. BMJ 2012; 44:e184.6. Kremmyda LS, Vlachava M, Noakes PS, Diaper ND, Miles EA, Calder PC.Atopy risk in infants and children in relation to early exposure to fi sh, oily fi sh, or long-chain omega-3 fatty acids: a systematic review.Clin Rev Allergy Immunol. 2011 Aug;41(1):36-66.7. Kull I, Wickman M, Lilja G, Nordvall SL, Pershagen G. Breast feeding and allergic diseases in infants-a prospective birth cohort study. Arch Dis Child. 2002 Dec; 87(6):478-81.

Fast Food & dépression

Mardi, octobre 28, 2014 @ 11:10
Auteur: JFBoucher

Fast Food & dépression

Le burger entre consommation et consolation… Est-ce vraiment une bonne idée ?

Le burger est déclaré ennemi public numéro 1 d’une alimentation saine et équilibrée, pourtant, 46% des français fréquentent les fast-foods*(1)….. A peu de choses près, le nouveau sandwich que vous voyez placardé en 4×3 partout sur les murs de la ville, prônant un rendez-vous savoureux sur le pouce, à la sauce conviviale et entre deux tranches de rires, porte –à juste titre- l’étiquette de la malbouffe. Mauvaise alimentation, accumulation de graisses saturées mauvaises pour la ligne et pour votre cholestérol… Oui, mais ce n’est pas tout ! Savez-vous que votre alimentation a aussi une influence importante sur l’état dépressif ?…. Vous êtes friands de pâtisseries industrielles, hamburgers ou donuts, adeptes des modes de restauration rapide en générale et de graisses en particulier ? Il va falloir songer à reconsidérer vos habitudes de consolation !

Stress, deuil, rupture, solitude… Autant de raisons qui vous incitent à manger plus qu’il ne faut, afin de produire les endorphines qui soulagent votre état de tristesse et votre malêtre. Votre cerveau vous pousse naturellement vers les « aliments-plaisir » comme les gras et les sucres, qui vous procurent autant d’émotions gustatives, que de sentiments réconfortants en les mangeant ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils libèrent les messagers principaux du bien être, appelés dopamine et sérotonine. La dopamine vous prodigue cette sensation agréable de plaisir pendant que la sérotonine, hormone du bonheur, va stimuler votre bonne humeur. Ces neurotransmetteurs alimentent votre circuit de la récompense, système qui, au niveau du cerveau, vous procure la sensation ultime de bien-être et vous redonne le sourire… A chaque bouchée. Très souvent, vous vous ruez plus volontiers sur les hot dog, beignets, viennoiseries, sur votre trio préféré à base de burger, frites, soda… Bref, vers des aliments riches en graisses saturées et huiles hydrogénées…. Donnant à vos mets une texture fondante, enrobée d’additifs industriels totalement addictifs pour votre plus grand plaisir… Mais avant tout pour leur donner un goût de revenez-y !

… Un cercle vicieux qui fait que plus vous êtes déprimés, plus ces aliments vous attirent… Mais plus vous consommez ce type de nourriture, plus vous rendez le terrain favorable à la dépression !

Pourquoi ? Simple, pratique, efficace, à satisfaction immédiate, sensation de satiété… Tous les ingrédients sont réunis pour créer une dépendance, mais surtout faire céder les tempéraments les plus sensibles et émotionnellement fragilisés. Riches en sucres, graisses synthétiques et graisses saturées, vos aliments de consolation favoris révèlent une faible valeur nutritive, mais surtout une concentration importante en oméga-6*(2). Ce que font les omégas 6 ? Ils augmentent le nombre de cytokines, molécules indispensables à la communication des cellules, provoquant ainsi un effet inflammatoire et un déséquilibre chimique au niveau du cerveau, causes de la dépression(3).

C’est précisément ces gras trans et saturés qui empêchent les transmissions nerveuses, notamment en cas d’état dépressif. Les recherches scientifi ques ont pu mettre en avant le lien entre fastfood et dépression. Après une étude sur une période de deux ans, les risques de dépression se révélaient augmentés de 51% chez les amateurs du « burger-frites », que chez les gens qui fréquentaient moins ces établissements de restauration rapide*4). Ces résultats ont été appuyés par d’autres chercheurs ayant mené de nouvelles recherches* (5) et dont les conclusions ont corroboré les éléments de réponse obtenus initialement. En consommant les produits alimentaires de fast-food et autres « junk-foods », les mauvaises graisses industrielles préparent le terrain à la dépression ou l’entretiennent quand celle-ci est déjà installée.

Les solutions existantes actuellement pour vous soulager ?

Les médicaments antidépresseurs, dits « Inhibiteurs sélectifs de la Recapture de la Sérotonine » (ISRS), permettent d’atténuer votre mal-être en augmentant votre taux de sérotonine*. De façon générale, ces ISRS remettent bonne humeur et joie de vivre dans votre quotidien, puis favorisent votre sommeil.

Les ingrédients naturels qui peuvent vous faire du bien en cas de dépression ? Les omégas 3 !

acides gras essentiels polyinsaturés permettent de contrebalancer efficacement les effets des omégas-6. Les omégas 3 préservent les cellules nerveuses de l’inflammation en cause dans les mécanismes de l’état dépressif et améliorent l’humeur. Egalement, ils favorisent la plasticité neuronale : c’est-à-dire qu’ils vont permettent aux neurones de se connecter de nouvelles façons, formant de nouveaux réseaux… Ce que le phénomène de dépression empêche. Où trouver des oméga-3 ? A toutes les sauces dans vos assaisonnements ! Huile de noix, huile de colza, graines de lin, mais aussi dans les poissons comme le saumon ou la morue… Et si votre consommation d’aliments riches en acides gras essentiels paraît insuffisante, n’hésitez pas à recourir aux compléments alimentaires ! Une supplémentation en Oméga 3 couvrira les besoin nécessaires à votre bonne santé… Et à votre bonne humeur!

Référence : (1)Résultats de l’étude MGEN « Habitudes de vie et surpoids ». L’Obésité : une épidémie ? Communiqué de presse, 5 mars 2014
(2)Colin A, Reggers J, Castronovo V, Ansseau M. Lipids, depression and suicide. Encephale. 2003 Jan-Feb; 29(1):49-58. 2013 Jun;12(4):460-5. doi:10.1017/S1368980011001856 Miguel Angel Martínez-González. PloS One Published: January
26, 2011 DOI: 10.1371/journal.pone.0016268
(3) Kang JX, Gleason ED.Omega-3 Fatty acids and hippocampal neurogenesis in depression. CNS Neurol Disord Drug Targets.
(4) Almudena Sánchez-Villegas, Estefanía Toledo, Jokin de Irala, Miguel Ruiz-Canela, Jorge Pla-Vidal and Miguel A Martínez-González. “Fast-food and commercial baked goods consumption and the risk of depression”. Public Health
Nutrition: page 1 of 9
(5)Almudena Sánchez-Villegas mail, Lisa Verberne,Jokin De Irala, Miguel Ruíz-Canela, Estefanía Toledo, Lluis Serra-Majem,http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0016268
http://medicalxpress.com/news/2012-03-link-fast-food-depression.html
http://blog.kitchendiet.fr/2012/04/le-fast-food-accroit-de-51-le-risque-de-depression/

 

 

La plante du mois : Le palmier nain

Mardi, octobre 28, 2014 @ 10:10
Auteur: JFBoucher

La plante du mois : Le palmier nain

Le palmier nain (Saw Palmetto) : petit par sa taille, grand par ses bienfaits !

 

 

 

 

 

  • Le Saw Palmetto, qu’est-ce que c’est ?
    Nommé dans le jargon botanique, Serenoa repens ou Sabal serrulata, ce palmier nain prend racine dans les terres sablonneuses et sèches de Floride, puis, de façon plus générale, à l’est des États-Unis. Arbuste pas plus haut

    que trois pommes… Ou, pour le moins, ne dépassant pas trois mètres de haut, il à la forme d’un palmier ordinaire, et donne à ses baies, une couleur rubis reconnaissable entre mille !
  • Ce que ce mini-palmier a de plus ?
    Le Saw Palmetto fait assurément des merveilles lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie des hommes souffrant de problèmes de prostate. Appelé aussi chou palmiste, le palmier nain produit les célèbres baies de Sabal, petites

    billes de la taille d’une olive, consommées depuis la période amérindienne et capables de soulager de façon exceptionnelle l’appareil urinaire masculin, notamment en cas d’hypertrophie bénigne de la prostate.
  • La science met en évidence bien des applications à cet étrange fruit :
    anti-inflammatoire, anti-spasmodique, capable d’influencer l’équilibre oestrogènes/testostérone et diurétique intéressant, le Saw Palmetto est le plus couramment du monde, utilisé aux États-Unis ainsi qu’en Allemagne ou en Autriche,
    pour soulager les symptômes de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) puis de la prostatite chronique.
  • De quelle façon ?
    Les substances délivrées par les baies de sabal semblent capable de limiter la transformation de testostérone en son dérivé néfaste appelé dihydrotestostérone (DHT). La DHT joue un rôle dans l’apparition et l’évolution de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Les principes actifs contenus dans les baies de sabal empêcheraient alors l’action de la 5-alpha-réductase, impliquée dans la production de DHT. Les baies de sabal freineraient la croissance excessive des cellules prostatiques et en favoriseraient l’apoptose (la mort naturelle), ce qui permet à la fois de retarder et de ralentir le grossissement de la prostate. Mieux encore, le volume de la prostate diminuerait de manière significative ! Prodigieux pour limiter également les envies pressantes et atténuer les problèmes de miction par ses actifs décongestionnants, le Saw Palmetto aiderait à détendre le muscle de la vessie (detrusor) et ceux qui entourent l’urètre, puis faciliterait grandement le passage de l’urine.
  • Les baies de sabal aiment le travail d’équipe !…
    … Sachez qu’elles afficheraient une efficacité encore plus probante lorsqu’elles sont associées aux bons ingrédients ! De nombreuses études ont publié des résultats extrêmement concluants sur les vertus du Saw Palmetto, conjugué aux graines de courge, racines d’ortie ou prunier d’Afrique, notamment dans le soulagement des symptômes engendrés par l’HBP et les prostatites aiguës.
  • … et le naturel !
    Les propriétés du Saw Palmetto et la capacité de ses baies à se substituer à certains médicaments classiques de l’HBP, sont scientifiquement éprouvées. Les baies de sabal sont en effet reconnues officiellement par l’OMS comme solution thérapeutique naturelle efficace contre les troubles urinaires et problèmes prostatiques légers à modérés.
  • Comment s’assurer de la bonne qualité de Saw Palmetto dans les compléments alimentaires ?
    Pour que les baies de sabal puissent influencer positivement les mécanismes impliqués dans l’hypertrophie bénigne de la prostate et les prostatites aigües, il faudrait 160mg, 2 fois par jour, d’extrait standardisé à 85- 95% en acides gras et steroes.Sachez également que les problèmes de prostate mettraient en jeu certains mécanismes communs à ceux de la calvitie androgénique. Les études soulignent d’ailleurs les propriétés du palmier nain contre la chute de cheveux : la prise de 320 mg de Saw Palmetto par jour pendant 24 mois serait aussi effi cace que la fi nastéride, médicament classique utilisé contre l’alopécie androgénique et l’hypertrophie bénigne de la prostate.

 

Référence : *(1) Rossi A, Mari E, Scarno M, Garelli V, Maxia C, Scali E, Iorio A, Carlesimo M. Comparitive effectiveness of fi nasteride vs Serenoa repens in male androgenetic alopecia: a two-year study. nt J Immunopathol Pharmacol. 2012 Oct-Dec ; 25(4):1167-73.